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3 minutes de lecture - Macbeth

Analyse de Macbeth

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Macbeth est une tragédie de William Shakespeare qui a été publiée en 1623. Le sujet est inspiré du personnage réel qu’est Macbeth, roi d'Écosse. Cependant, la tragédie est complètement fictive et n’a absolument rien à voir avec la véritable vie ainsi que le règne de ce roi qui régna en Écosse pendant 17 ans.

Au Royaume-Uni, une légende veut que Macbeth soit une pièce apportant le malheur. De ce fait, les acteurs l’appellent très fréquemment “The Scottish Play” plutôt que par son nom. D’ailleurs, prononcer le nom de la pièce dans un théâtre conduit directement à l'échec de sa représentation, selon certaines croyances.

Lady Macbeth est considérée par beaucoup comme l’un des rôles les plus complexes pour une femme. Elle devient folle à cause de sa participation au meurtre du roi, et meurt hors de scène au dernier acte.

Il est nécessaire de mettre en exergue la dualité autant que la complémentarité des deux personnages principaux, à l'évidence Macbeth et Lady Macbeth, de même que les correspondances et les échos thématiques mais également imagés entre Lady Macbeth et les sorcières.

L’approche psychocritique s’appuie sur ces réseaux d’analogies pour voir ces personnages comme l’altération et en même temps l’objectivation de certaines pulsions loin d’être conscientes.

Comme l’analyse des rêves le révèle et comme dans le miroir qui reflète la lignée impossible de Macbeth, des désirs tout aussi contradictoires qu’ambigus s’expriment inconsciemment et de manière allégorique. Lady Macbeth est la figure absolue du désir féminin. Son incapacité avouée à agir est, dans une perspective sarcastique, justifiée par la ressemblance avec le père: “S’il n’eût pas ressemblé à mon père endormi, je m’en serais chargée”.

Une fois passée à l’acte, sa culpabilité est physique et morale, elle implique une identification au père tué, d’où des pulsions suicidaires.

Dans l’esprit du dramaturge, à l'époque, il est clair que microcosme et macrocosme sont construits exactement sur le même modèle d’une organisation typique, incontournable et fondamentalement humaine. Il évoque ainsi une sorte de psychisme déformé, projeté, reproduit voire même magnifié au niveau métaphysique. De cette manière, il est facile d’arriver à conclure que la conscience perçue comme une fatalité surnaturelle n’est que l'émergence de désirs sombres et refoulés mais surtout inconscients et rendus horribles par une instance répressive sous le nom de “surmoi”.

Ce mécanisme de projection explique en théorie le transfert qui s’opère entre le roi et Lady Macbeth puisque c’est elle qui l’incite au meurtre mais qui voit en même temps ses mains entachées du sang du “père” : “Il y a toujours là une odeur de sang. Tous les parfums de l’Arabie ne peuvent purifier cette petite main” mais lui a besoin d'être guidé pour commettre un crime qui requiert une attitude meurtrière fatale.

Le discours des sorcières ne peut de fait qu'être ambigu. L’ironie tragique est omniprésente. En effet, dès le début, “la bataille est gagnée et perdue” : Horrible est le beau, beau est l’horrible”, " les choses que le mal a commencées se consolident par le mal”

Le thème du régicide-parricide comme celui de l’infanticide trouve un écho moqueur dans les intrigues secondaires telles que la monstrueuse stérilité de Lady Macbeth, dont le “lait” est devenu “fiel”. Cette intrigue est dramatisée dans l’horreur du carnage chez Lady Macduff.

Le sommeil volé sera perdu jusqu'à ce que le père dépossédé Macduff accomplisse le geste d’obédience purgatif en offrant la tête du criminel au jeune Malcom.

Shakespeare nous brosse une représentation du mal complexe issue de nombreuses traditions. Il nous la fait découvrir d’abord dans un livre d’images animalières symboliques mais aussi à travers l’existence des sorcières, les confusions, l’illusion, la violence, le désordre mais également le registre tragique.