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4 minutes de lecture - Phèdre

Analyse de la pièce de théâtre Phèdre de Racine

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La pièce de théâtre Phèdre créée par Jean Racine, est une tragédie découpée en cinq actes et écrite en vers dont les scènes se déroulent à Péloponnèse (île grecque), plus précisément à Trézène.

Phèdre est une tragédie dans laquelle de nombreuses composantes sont célébrée, telles que la profondeur des personnages, l’intensité des sentiments et des désirs, la crainte de la mort et du jugement. Le personnage principal, Phèdre, subit violemment la force de ses désirs, de ses pulsions et fait du même coup, souffrir les autres. Dans la tragédie, Thésée est l’incarnation de l’ordre, du pouvoir, de la paternité, l’image emblématique de l’époux, de sorte que tant qu’il est là rien ne peut changer, mais à sa mort un ordre nouveau tente de voir le jour (comme lorsque Phèdre avoua ses sentiments à son beau-fils).

Phèdre incarne Vénus, dont la destinée est fatalement tragique et qui tente de se venger parce qu’elle s’est sentie trahie. L’amour qu’elle ressentait pour Hippolyte ne pouvait trouver que de remède dans la mort d’Hippolyte. En interprétant encore un peu plus la tragédie de Phèdre, on se rend compte qu’il ne s’agit pas seulement d’une pièce théâtrale sur la destinée, mais aussi sur la politique, en raison des querelles de succession entre Hippolyte, le fils de Phèdre et Aricie.

La pièce théâtrale de Phèdre parle d’amour interdit, d’amour coupable, comme le relatent les différentes scènes de la pièce. L’amour que Phèdre ressent, l’aliène, mais elle-même avoue être impuissante contre cet amour, cette passion qu’elle ressent, qui renforce son impression de fatalité. Phèdre met aussi en avant la notion de destinée, de la force des éléments immuables qui semblent écrits à l’avance et contre lesquels on ne peut rien. La pièce écrite par Racine est aussi une pièce politique qui met en avant des scènes de diplomatie, d’entente, de tactique, de négociation, d’entente et de calcul.

Analyse de Phèdre par actes

Le premier acte de la pièce théâtrale Phèdre écrite par Racine, situe la scène, à Trézène, ainsi que quelques uns des acteurs importants de la pièce théâtrale. L’acte montre les tourments que chacun des personnages vit (tourments d’Hippolyte vis-à-vis d’Aricie, tourments de Phèdre coupable de ses sentiments envers Hippolyte), du mal qui les ronge et qu’ils taisent (Phèdre qui veut avouer son amour, mais le tait), des bassesses réservées à certains (Oenone chargée des tares, de pousser à l’action), des idéalisations faites (Hippolyte qui idéalise son père), l’opposition entre la raison et la passion car certains sont tourmentés par leur amour et d’autres vivent un amour « normal » (comme c’est le cas d’Aricie qui vit un amour moins violent qu’Hippolyte). C’est le premier acte qui construit le drame de la tragédie.

Le second acte présente l’équilibre de certains des personnages comme Aricie, le parallélisme de l’amour opposé d’Aricie et d’Hippolyte ainsi que du parallélisme entre Aricie et Phèdre caractérisées par leur solitude, la tragédie des personnages qui souhaitent aller à l’encontre de leur destinée, le désarroi de personnages tourmentés. C’est l’acte qui traite de la fuite d’Hippolyte.

Le troisième acte traite de la fuite des responsabilités, du mensonge, de la confrontation entre l’amour et le pouvoir (Phèdre tente de séduire Hippolyte en lui donnant le pouvoir), de la vengeance (Phèdre demande à Vénus de la venger), de l’accusation mensongère, de la manipulation, de la fuite, mais aussi de l’amour quasi maternel (notamment de celui qu’éprouve Oenone pour Phèdre), de l’opposition entre parler et se taire, de l’opposition entre la mort et la vie (désormais entre Phèdre et Hippolyte, un des deux doit mourir pour que l’autre continue de vivre).

Le quatrième acte traite de la passion et de la monstruosité morale. Cet acte présente la passion et la jalousie qui consument Phèdre à l’annonce de l’amour d’Hippolyte pour Aricie, c’est aussi l’acte des complots et machinations machiavéliques, de la déloyauté de Phèdre envers Oenone, du sacrifice d’Oenone qui se suicide.

Le cinquième acte présente le rapport entre les dieux et les hommes, est le récit final de la pièce, l’acte des aveux, des glorifications (Hippolyte devient un héros).