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5 minutes de lecture - La Colonie

Résumé de la pièce La Colonie de Marivaux

La Colonie est une pièce en un seul acte de l’écrivain Marivaux, publiée dans une revue française en 1750. Marivaux y interroge les relations entre hommes et femmes.

La Colonie de Marivaux se déroule sur une île et met en scène 7 personnages, auxquels s’ajoutent un groupe de femmes habitant sur place.

Résumé de La colonie de Marivaux - Exposition

La Colonie s’ouvre sur deux femmes, Arthénice et madame Sorbin, décidant de monter un nouveau système gouvernemental en réunissant les femmes de l'île. Leur ton suggère une révolte envers les hommes, elles disent même vouloir se passer de toute relation amoureuse avec ceux-ci afin de mieux se consacrer à leur mission.

Alors qu’un groupe d’hommes passe, elles interpellent Timagène, un noble amoureux d’Arthénice, et le mari de madame Sorbin. Celle-ci suggère que l’on consulte les femmes de la colonie pour rédiger les lois du nouveau gouvernement, et voit l’arrivée sur l’île comme une chance de bâtir un gouvernement plus juste.

Les deux hommes refusent de comprendre leur besoin de s’émanciper de la domination masculine héritée de leur ancienne vie, se moquent d’elles et tentent même de les faire taire.

Opposition entre hommes et femmes

Arthénice, madame Sorbin et sa fille Lina voient arriver Persinet, l’amant de cette dernière. Il souhaite demander la main de Lina à sa mère. Or, Arthénice considère que toute relation avec les hommes leurs est néfastes. Sur ses conseils, madame Sorbin refuse brutalement la proposition du jeune homme, sans s’expliquer à sa fille.

Cette scène de La Colonie met en lumière une logique d’affrontement entre hommes et femmes, qui devraient d’après Arthénice être placés en tant qu’ennemis mutuels, dénués de toute complicité.

Ces trois personnages discutent ensuite du rôle du mariage, qui rabaisserait les femmes au statut de servante. Madame Sorbin et Arthénice tentent d’expliquer à Lina que le mariage ne profite qu’à l’homme et n’est nullement une preuve d’amour.

Dans la scène 6 de La Colonie, des femmes désignées en tant que « députées » arrivent sur scène et remettent à Arthénice et madame Sorbin des accessoires symbolisant leur autorité. Les deux femmes promettent alors de rendre son pouvoir au « sexe opprimé » en rétablissant l’égalité entre les sexes.

Résumé de la pièce de Marivaux - Mesures pour le pouvoir des femmes

Les femmes montent leur projet commun, à la fois politique et intime. Arthénice utilise Persinet pour déplacer des bancs, et le jette hors de scène une fois sa tâche exécutée. Lina ne parvient pas à l’en empêcher, et se montre d’autant plus hermétique au projet de ses aînées.

La scène 9 a lieu durant une assemblée rassemblant les femmes de la colonie. Madame Sorbin et Arthénice dénoncent la misogynie dont les hommes font preuve et lancent un débat sur la féminité et l’apparence de la gent féminine.

Par la suite, Arthénice aborde l’esprit féminin et dénonce les responsabilités ingrates que les hommes attribuent systématiquement aux femmes, en particulier les tâches ménagères.

Elle s’attaque ensuite à la coquetterie que l’on attend systématiquement des femmes au vu de satisfaire le désir masculin. Madame Sorbin propose donc aux femmes de s’engager à se faire les plus laides possible pour protester contre cette oppression, mais certaines refusent et provoquent une violente dispute.

Les deux cheffes de la colonie commencent à rédiger une ordonnance législative, et demandent à Lina de veiller à ce qu’aucun homme ne s’approche.

Or, dans la scène suivante, celle-ci est seule et son amant Persinet vient lui parler alors que la jeune fille a interdiction de lui parler. Lorsque les hommes arrivent, les deux amants doivent se séparer.

Résumé de La colonie - Le projet des femmes vu par les hommes

Persinet fait part à ses compagnons du projet des femmes révélé par Lina, et n’hésite pas à défendre leur parole. Il avance notamment qu’il serait plus sage de les intégrer au gouvernement et de les inviter à rédiger les lois, mais monsieur Sorbin en ricane et part chercher sa femme pour lui « fermer le bec ».

Les hommes sont dans l’ensemble incrédules et considèrent le projet exposé comme un simple caprice à calmer, sans y réfléchir plus en profondeur.

Arthénice explique donc ses réflexions à plusieurs hommes, dont Timagène et Hermocrate, un bourgeois philosophe. Marivaux illustre la misogynie et le mépris des hommes empêchant toute possibilité de partir sur de nouvelles bases.

Monsieur Sorbin essaie de faire taire sa femme, qui lui répond en soulignant l’importance du respect mutuel et l’équilibre des pouvoirs dans un couple. Elle demande ensuite à Lina de parler à Persinet. Dans la scène suivante, celle-ci adhère aux idées développées par sa mère à propos du pouvoir entre les sexes mais refuse encore de rejeter son amant.

Madame Sorbin menace finalement son mari de le quitter.

Monsieur Sorbin et Persinet s’associent une fois les femmes parties, et le jeune homme tente de convaincre Hermocrate qu’un compromis est nécessaire. Les femmes sont alors rappelées, car Hermocrate annonce avoir trouvé un plan…

Scènes finales

Hermocrate, personnage de la pièce de théâtre La Colonie, fait semblant d’accepter les revendications des femmes, à savoir la suppression des différences de traitement entre les deux sexes. Seulement, il réclame aussi de remettre à égalité la noblesse et le peuple.

Arthénice, noble, s’y oppose, tandis que son acolyte femme d’artisan, madame Sorbin, y adhère complètement. Une dispute éclate alors entre elles.

Hermocrate fait mine de changer de sujet, pensant que la question de l’égalité entre les deux sexes est bien enterrée. Arthénice propose cependant de punir de la même façon l’infidélité des femmes et des hommes… Proposition à laquelle s’oppose madame Sorbin.

Lorsque les habitants de la colonie attaquent le groupe, les femmes demandent aux hommes de se battre et refusent de prendre part au combat. Le plan d’Hermocrate a réussi : les débats entamés sont définitivement clos. Le résumé de La Colonie de Marivaux laisse le pouvoir aux mains des hommes et les positions socialement dominantes, occupées par les nobles.