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4 minutes de lecture - Les fausses confidences

Analyse de Les fausses confidences

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L’analyse de “Les fausses confidences” de Marivaux prend le parti de démontrer le changement d’une société qui se dirige vers des remises en question des ordres sociaux. Ils seront balayés sans possibilité de retour à une société reposant sur l’organisation divine et aristocratique au XVIIIe siècle. On distingue aussi l’opposition entre la recherche de l’amour chez l’autre pour un mariage désiré à un mariage de raison qui solutionne un procès ou des dettes. Le trio de l’amour, l’argent et l’intrigue construisent merveilleusement la pièce en 5 actes considérée comme une comédie italienne. Le ton soutenu par un phrasé presque parlé et le rythme sans temps morts des actions qui s’enchaînent font de la pièce une attraction comique.

L’histoire

Dorante est un jeune homme fortuné qui est ruiné au commencement de la pièce. Sans ancien valet , Dubois entre alors, au service de Araminte qui est une jolie jeune veuve. Ce dernier décide de rendre amoureux Araminte pour qu’elle épouse Dorante. La mère de la jeune fortune a décidé de lui faire épouser le Comte Dorimont pour la voir devenir Comtesse à son tour. Mme Argante tisse une véritable toile d’araignée pour piéger sa fille. Araminte a une bonne amie, Marton qui désire épouser Dorante mais qui essuiera un refus au détriment de l’amour de Dorante pour Aramante. Ce croisement de sentiments amoureux et d’intrigues pour améliorer sa situation sociale créent une situation où l’amour triomphera finalement.

Les personnages dans Les fausses confidences

Dorante est le personnage principal qui apparaît dans toutes les scènes de la pièce. Il est déterminé à sortir de sa situation d’homme ruiné mais il possède une morale à toutes épreuves pour répondre aux tentations. La proposition de mariage pour une belle dote de Marton ne l’intéresse pas. Il préfère prendre son temps pour convaincre celle qui porte dans son coeur, Araminte. Cette dernière qui possède l’argent, la jeunesse et la beauté ne recherche pas un titre mais un amour. Elle rêve en secret d'être conquise par un homme avec ou sans fortune. Marton est la jeune fille qui recherche un mari et peu importe l’homme ou la fortune. Le Comte Dorimont est en quête d’une solution pour sortir d’un procès qui ne lui apporterait que des ennuis. Il a trouvé la solution du mariage avec Araminte pour éviter une grande dépense. Il n’hésite pas à mettre son titre en avant pour sauver sa cause. Dubois est le poseur des intrigues. Arlequin est le valet d’Araminte qui révèle l’aspect comique des situations d’intrigue.

Le mariage et l’amour

L’idée est nouvelle à l'époque. Elle arrive doucement par les moralistes qui parlent d’une recherche du bonheur pour des hommes qui seraient tous égaux. Marivaux exprime son idéal de vie choisie et non décidée par une naissance ou une obligation. Son origine aristocratique le destinait à l’administration dans la marine ou à l’architecture. Il choisit la littérature. Dorante choisit l’amour plutôt que la dote de Marton et de suivre les décisions de son oncle M. Rémy. L’amour déjoue les plans les plus malicieux et les intrigues les plus perfides. Les amoureux se rencontre par l’intermédiaire de Dubois mais ils décident seuls de se marier. Ils trouvent leur route parmi le croisement du mensonge humain et la vérité des sentiments. Araminte à l’acte V est l’illustration de ce comportement qui change. Une vie n’est pas une fatalité et il dépend de chacun pour en changer le court. Elle pardonne au Comte Dorimont et lui avoue qu’elle ne l’aime pas. Elle rejette son amie Marton qui l’a trahi Elle écoute et pardonne les mensonges de Dorante pour vivre leur amour au yeux de tous.

Le contexte historique

Ce marivaudage écrit la veille de la Révolution française (1737) est un texte typique de Marivaux. Il décrit une société coincée dans des convenances qui ne permettent pas de suivre le court d’une existence. Ils ont plutôt recours au mensonge, à l’intrigue aux fausses confidences et à la tromperie. Un comportement social qui ne correspond plus à l'éveil d’une conception de vie qui met l’homme au centre de la nature et non plus Dieu.