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13 minutes de lecture - L'Etranger

Résumé détaillé de L'Etranger par chapitres

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Première partie de L’Etranger

Chapitre Un

Meursault, le narrateur, est un jeune bureaucrate travaillant dans une société d’import-export d’Alger dans les années trente. Celui-ci vient de recevoir un télégramme lui annonçant le décès de sa mère qu’il a placée dans un hospice de Marengo trois ans. Ces mots sont inscrits sur le papier : “Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués.” Le jeune homme n’est pas bien fixé sur la date réelle de la mort et se fait la réflexion suivante : « Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier ».

Il obtient néanmoins un congé de 48 heures malgré le mécontentement de son patron et part du bureau pour parcourir les 80 km qui séparent Alger de l’asile, non sans avoir déjeuné chez Céleste, un restaurant dont il est un habitué. Il prend le bus et il arrive sur place après avoir terminé les 2 derniers kilomètres à pied. Il voit le directeur de l’établissement qui lui parle de sa mère, mais il n’éprouve que de l’indifférence à ses propos. Il sait aussi que les funérailles auront lieu le lendemain. Il ne veut pas voir le corps une fois qu’il est à la morgue et il refuse également de prendre un repas proposé par le concierge, mais accepte le café qui lui est offert. En retour il offre une cigarette au concierge et ils se mettent à fumer ensemble.

Il assiste à la veillée mortuaire parce qu’il y est obligé. Il est insensible à la douleur des autres vieillards qui sont également présents et il s’étonne même du fait qu’une femme pleure pendant la veillée. Il se croit en outre être observé et jugé par l’assistance. Le matin arrive. Meursault se soumet aux procédures présentées par le directeur et il suit le cortège avec les autres pensionnaires de l’hospice. Il doit marcher pendant 45 minutes jusqu’à l’église, la procession est marquée par la chaleur accablante et par la présence de Thomas Pérez, le « fiancé » de sa mère qui peine à suivre. Le jeune homme assiste au service avec de l’indifférence et il n’éprouve ni douleur ni chagrin lors de l’ensevelissement du corps.

Chapitre 2

Meursault rentre à Alger et le samedi, le lendemain, il décide d’aller se baigner dans la mer. Il y rencontre son ancienne collègue de bureau, Marie Cardona, qu’il ne connait pas très bien. Ils batifolent dans l’eau pendant la journée à et ils se mettent d’accord pour regarder un film de Fernandel au cinéma le soir. Après le cinéma ils rentrent chez Meursault et finissent la nuit ensemble. Marie rentre le matin et le jeune homme passe sa matinée au lit tandis que son après-midi se découle à regarder les gens à partir de son balcon.

Chapitre 3

Le lundi ressemble à toutes ses autres journées de travail entrecoupées par le déjeuner chez Céleste. Il rentre chez lui et il rencontre comme d’habitude son voisin Salamano flanqué de son chien qu’il n’arrête pas de houspiller. Il est ensuite approché par un autre voisin, Raymond Sintès, un ancien boxeur proxénète, dont le métier officiel est « magasinier », qui l’invite à rentrer chez lui et lui demande d’écrire une lettre qu’il adressera à sa maîtresse qu’il soupçonne de le tromper. Raymond veut qu’elle revienne pour qu’il se venge ensuite sur elle. Il présente d’ailleurs une blessure à la main et explique qu’il a eue en se battant avec le frère de la Maure, dont il craint encore les représailles. Meursault écrit la lettre qui aidera Raymond à se venger de sa maîtresse sans se poser de questions.

Chapitre 4

Meursault passe une semaine ordinaire et il programme un samedi à la mer avec Marie. Ils passent un moment merveilleux à la plage et rentrent ensuite chez Meursault. Marie passe le dimanche avec lui et elle veut s’assurer de ses sentiments envers elle. Il lui avoue qu’il ne l’aime pas, ce qui désole la jeune femme. Ils entendent ensuite une violente dispute dans l’appartement voisin : c’est Raymond qui est en train de cogner une femme et de lui crier dessus. La scène ne s’arrête qu’après l’intervention d’un policier. La femme battue déclare que Raymond est un proxénète et celui-ci est convoqué au commissariat.

Sintès demande à Meursault de témoigner pour lui et celui-ci soutient que Raymond a bien été trompé par sa maîtresse. Ce dernier reçoit alors juste un avertissement après son audience. Les deux hommes passent l’après-midi du dimanche dehors et ils rencontrent Salamano affligé par la fuite de son chien. Ils essaient de lui remonter le moral en lui assurant que son animal allait revenir. La soirée est marquée par la visite de Salamano et que Meursault entend pleurer lorsqu’il rentre chez lui. Il a une pensée pour sa mère lorsqu’il entend les sanglots du vieil homme.

Chapitre 5

Raymond invite le couple à passer le dimanche suivant au cabanon de Masson au bord de la plage. Il lui dit également qu’il a été tout le temps suivi par des Arabes, dont le frère de sa maîtresse.

Meursault est ensuite convoqué par son patron qui lui propose une promotion dans la nouvelle filiale qu’il souhaite ouvrir à Paris. Le jeune homme n’affiche aucune extase à l’annonce de la nouvelle, ce qui lui vaut des remarques de son patron sur son indifférence. Il retrouve ensuite Marie qui le demande en mariage et qu’il accepte sans éprouver aucun sentiment. Il va dîner chez Céleste après le départ de la jeune femme et au cours duquel il partage la table avec une femme étrange.

Meursault rentre chez lui et il est accueilli sur le palier par Salamano qui lui confie que son chien n’est plus prêt de revenir et il se met ensuite à lui parler de sa vie d’antan et de ses rêves. Il lui révèle également que le placement de sa mère l’hospice a été très mal vu par les gens du voisinage, mais il lui assure qu’il sait que Meursault tenait beaucoup à elle.

Chapitre 6

Meursault et Marie partent avec Raymond pour le cabanon de Masson. Ils retrouvent les Arabes qui ont suivi Raymond la veille, dont le frère de son ex-maîtresse et qui les observent. Ils partent en bus pour la plage et ils se dirigent ensuite vers le cabanon qui se trouve au bout de l’étendue de sable. Ils sont accueillis par Masson et sa femme. L’ambiance est conviviale. Meursault et Marie ainsi que Masson préfèrent piquer une tête dans la mer et profiter du soleil avant de revenir pour déjeuner. Ils boivent beaucoup d’alcool pendant le repas et les convives sont indisposés par la réverbération du soleil sur la mer.

Les trois hommes se promènent ensuite sur la plage tandis que les femmes font la vaisselle. Ils rencontrent alors deux Arabes, dont le fameux frère. Raymond le reconnait et se bat avec lui. Masson se bat aussi, mais avec l’autre tandis que Meursault est un simple spectateur. L’un des Arabes arrive à atteindre Sintès à la figure avec son couteau, ce qui oblige celui-ci à se rendre chez un médecin pour se faire soigner.

Raymond et Meursault se rendent de nouveau sur la plage au retour de Sintès et ils y retrouvent les deux hommes se reposant à côté d’une source. Meursault demande à son ami de lui confier son arme à feu de peur qu’il ne tire sur ses adversaires. Une fois qu’ils sont de retour au cabanon, Meursault se rend encore au bord de la plage avec le revolver. Il rencontre le « frère » qui sort son couteau. Meursault est aveuglé par l’éclat du soleil sur la lame, et il sort ensuite son arme de sa poche. Inondé de sueur, il fait feu. L’homme s’écroule. Meursault se remet à tirer encore et encore, en tout quatre fois sur l’Arabe. Accablé par le soleil et la chaleur, il est à peine conscient de ce qu’il fait.

La première partie du livre s’achève sur ces mots : « Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur ».

Deuxième Partie

Chapitre 1

La deuxième partie du livre commence sur l’arrestation de Meursault et sur la série d’interrogatoires qu’il doit subir au poste de police et devant le juge d’instruction. Il considère son cas avec du détachement et ne prend pas la peine de consulter un avocat. Il lui en est cependant désigné un d’office. Les questions qui lui sont posées par le juge et son défenseur portent sur son attachement pour sa mère. Ils sont décontenancés par son insensibilité à la mort de celle-ci. Le juge lui pose également des questions sur ses sentiments envers son geste envers l’Arabe et lui demande pourquoi il y a eu un décalage de temps entre le premier coup de feu et les quatre suivants. Meursault affiche son indifférence tandis que l’homme de loi, irrité par son comportement lui fait la morale en lui parlant de Dieu tout en lui montrant un crucifix. L’instruction prend onze mois.

Chapitre 2

Meursault se retrouve en prison au milieu d’autres personnes, mais il a bientôt droit à une cellule individuelle. Il est incommodé par sa condition les premiers jours de son incarcération, puis il s’adapte petit à petit en préférant dormir et en plongeant dans ses souvenirs. Il entre mentalement dans son appartement et il fait l’inventaire virtuel de ses biens. Il lit plusieurs fois l’histoire d’un Tchécoslovaque sur un bout de journal qu’il a trouvé dans la pièce. Il éprouve aussi des manques pour les cigarettes, les femmes ou la mer qu’il peut quand même voir à partir de sa fenêtre. Il s’adapte rapidement à sa nouvelle vie et tout compte fait il ne se croit pas si malheureux que ça.

Marie lui envoie une lettre une fois et lui rend également visite une unique fois. Il est importuné par la voix des autres personnes et il ne prête pas beaucoup attention à que la jeune femme lui raconte. C’est à peine s’il ouvre la bouche pour lui répondre.

Chapitre 3

Le procès de Meursault s’ouvre en juin, un an après son arrestation. Celui-ci songe aux débats avec curiosité, étant donné que c’est la première fois qu’il assiste à un procès. Il se considère comme un simple spectateur et il est étonné par l’engouement des gens qui veulent assister au procès pour le voir. Il considère l’assistance et prend note de l’ambiance qui règne, l’effervescence du public, la présence des témoins et des jurés ainsi que celle des journalistes. Il ne se sent pas du tout concerné par l’affaire et il se voit même comme l’intrus parmi toutes ces personnes. La cour entre et le président pose des questions à Meursault à propos de sa mère et du meurtre de l’Arabe.

Il répond ensuite au procureur que c’était le hasard si l’Arabe qu’il a tué était armé et que lui-même est revenu près de la source. Les témoins commencent ensuite à venir à la barre. Le directeur de l’hospice, le concierge et le fiancé de sa mère, Thomas Perez évoquent son détachement lors des funérailles de sa mère, son absence d’émotion et même sa désinvolture lorsqu’il fume une cigarette dans la morgue. Céleste veut le soutenir et annonce que ce qui lui arrive est un malheur. Les témoignages de Masson et de Salamano sont de leur côté négligés par la Cour.

Marie est aussi appelée comme témoin et elle confirme que leur liaison a commencé le lendemain des funérailles de la mère de Meursault et qu’ils sont allés voir un film de Fernandel le soir de leur rencontre. Au procureur d’en conclure donc que Meursault s’est bien diverti après l’enterrement de sa mère en prenant des bains, en commençant une liaison et en riant devant un film comique. Raymond de son côté affirme d’emblée que Meursault est innocent, que c’est du hasard si Meursault était à la plage et du hasard si ce dernier a écrit la lettre pour sa maîtresse. Son soutien à Raymond est alors pointé par l’avocat général, alors que ce dernier est connu comme étant un souteneur, et que Meursault et Sintès sont amis. La lettre qu’il a écrite ainsi que son témoignage pour Sintès au commissariat l’accablent davantage. Pour le procureur il est évident qu’il est complice avec Raymond et qu’il a commis un crime crapuleux.

Aux questions qu’on lui pose sur son indifférence à l’enterrement de sa mère et au motif de son acte, il dit seulement que c’est le soleil qui l’a poussé. Enfin, selon le procureur l’internement de sa mère faisait de lui « un homme qui tuait moralement sa mère » avant de conclure : « J’accuse cet homme d’avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel ». Meursault commence à voir que le procès ne joue pas en sa faveur et que le procureur a insisté sur son apparent manque de moralité. Meursault rejoint la prison après l’audience.

Chapitre 4

Meursault se sent exclu du procès, son avocat ne le laisse pas prendre la parole et préfère parler à sa place. Il ne se reconnait pas non plus dans aucun des portraits dressés par son avocat et celui du procureur. Le premier met en avant la provocation de l’Arabe et décrit ensuite son client comme un honnête homme, travailleur régulier, infatigable, fidèle à son employeur « aimé de tous et compatissant aux misères des autres. » Son avocat l’ennuie et il n’écoute plus ce qu’il dit. Il en est de même pour le procureur, mais il retient quand même certains points.

Celui-ci de son côté voit en lui un parricide qui a prémédité son acte. L’homme de loi montre son insensibilité prouvée par son détachement pendant l’enterrement de sa mère. Il relate qu’il a provoqué les Arabes à la plage et qu’il est revenu pour les abattre après le départ de Raymond qui devait aller chez le médecin. Il le qualifie aussi de monstre qui n’a nullement sa place dans la société. À la fin, il demande que Meursault soit décapité. Quand le président lui donne la parole alors Meursault annonce que son acte a été dicté par le soleil. Le président donne enfin son verdict et annonce que Meursault sera guillotiné en public.

Chapitre 5

Meursault refuse de voir l’aumônier de la prison. Son souci principal est d’échapper à sa sentence, et il y réfléchit toujours dans sa nouvelle cellule. Il s’intéresse aux exécutions et se demande s’il y avait déjà eu des cas où des condamnés réussissaient à s’échapper avant d’être exécutés. Il regrette même de ne pas s’être assez documenté sur la question auparavant. Il lui revient aussi une histoire sur son père que sa mère lui a racontée, lorsque celui-ci est allé voir l’exécution d’un homme alors qu’il ne le voulait pas et qu’il a vomi toutes ses tripes à son retour. Il pense à la guillotine et sur l’impossibilité qu’un condamné échappe à la mort par le couperet. Ce dernier devait même demander à ce que le mécanisme fonctionne bien pour son intérêt.

Meursault évoque également l’attente de ses bourreaux qui, à son avis, s’ils viennent le chercher, devraient venir à l’aube comme il est de coutume pour l’exécution des condamnés. Il renonce ainsi à dormir une fois minuit passé afin de ne pas être pris au dépourvu lorsqu’ « ils » viendraient dans sa cellule. Il éprouve du soulagement à chaque fois que l’heure est passée et qu’il sait qu’il vient de gagner une journée de plus. On sait également qu’il a rejeté son pourvoi. Il pense aussi à Marie.

Il accepte finalement de parler avec l’aumônier, mais son discours l’ennuie et il préfère à chaque fois contredire les paroles de son visiteur. À la fin sa colère éclate il se met à injurier et à tirer le religieux par sa soutane. Il repense de nouveau à sa mère, à son fiancé à l’asile. Enfin, il souhaite que beaucoup de personnes assistent à son exécution et qu’il soit accueilli par des cris de haine, afin qu’il ne se sente plus seul.