Le petit lecteur

4 minutes de lecture - L'Etranger

Analyse de L'Etranger de Camus

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L'étranger, cet homme qui ne pleurait pas

Meursault, personnage-narrateur vivant à Alger, reçoit un jour un télégramme lui annonçant le décès subit de sa mère alors internée à Marengo. Le lendemain, après la veille mortuaire, il assiste aux funérailles sans montrer aucuns signes de tristesse pour cette mère dont la perte ne génère ni chagrin, ni regrets. Pour palier à cet assentiment il décide d’aller nager et tombe sur une connaissance, Marie, dactylo ayant travaillé dans la même entreprise que lui. Le soir venu, ils décident d’aller voir un film de Fernandel au cinéma ainsi que toute la nuit. Le lendemain, Raymond Sintès, son voisin lui demande d'écrire une lettre pour dénigrer sa maîtresse, une Maure, dans laquelle il s’excuse de l’avoir maltraitée craignant des représailles de la part du frère de celle-ci.

Quelques jours après, Raymond s’en prend violemment à sa maîtresse en l’injuriant et la frappant, la police le convoque pour prendre sa déposition, Raymond cite Meursault comme témoin de moralité. Le dimanche qui suit, Raymond invite Meursault et sa compagne Marie à déjeuner au bord de la mer, à ce moment Marie demande à Meursault s’il veut l'épouser, il répond sans trop de mots mais n’exclu pas cette éventualité.

Crime ou homicide ?

Un dimanche après midi, à la suite d’un repas bien arrosé, Meursault, Raymond et Masson se baladent sur la plage lorsqu’ils croisent un groupe d’Arabes dont Marie et son frère font partie, une bagarre éclate, Raymond est blessé au visage à l’arme blanche. De retour au cabanon, Meursault tente de calmer Raymond et lui confisque son revolver afin qu’il ne commette pas l’irréparable. Reparti seul sur la plage, Meursault retrouve à nouveau l’individu avec lequel il échange quelques vilains mots, un coup de feu est malencontreusement tiré par le revolver alors chargé, le coup part tout seul mais Meursault s’acharne sur le corps inerte de l’individu lui assénant quatre autres coups de feu.

Ni regrets ni aveux

Interrogé cher le juge d’instruction, Meursault reste indifférent et ne montre aucun sentiment et ne répond même pas aux questions relatives sur son enfance et parcours. Sans preuves à sa décharge, le juge va instruire l’affaire durant onze mois. Tout au long de sa vie carcérale, Meursault dort beaucoup et lit souvent, se remémore des souvenirs, Marie ne lui rendra qu’une seule visite. Ce n ‘est qu’à l’issue d’une année que le procès a lieu enfin, en plein été, Meursault découvre le tribunal, les jurés, la cour, les témoins et les journalistes. Le président du tribunal l’interroge sur sa mère et sa vie depuis le meurtre, sa vie est détaillée par quelques témoins qui défilent tour à tour, le directeur de l’asile, le concierge, le vieux Perez, le public ressent bien que la mort de sa mère n’a provoqué chez lui nuls sentiments, quant à Marie, elle avoue leur courte liaison, le procureur révèle le témoignage de complaisance fait à Raymond et déduit donc que le crime était crapuleux.

Au cours des séances au tribunal, Meursault ne sent toujours pas impliqué, on dit de lui qu’il est apathique voire absent. Le procureur fait de lui un portrait de monstre dénoué de tous sentiments et qu’il a prémédité ses actes, son avocat le présente tout de même comme un être plein de qualités morale et le qualifie d’honnête et droit. Meursault se montre impassible lorsque le président annonce qu’il aura la tête tranchée en public. Privé de toutes visites et de toutes les choses qu’il aime, il se renferme alors dans une immense tristesse, s’infligeant dès lors tout le poids de la mort de sa mère, lors d’une séance il se ridiculise en expliquant enfin pourquoi le coup était parti accidentellement, à cause d’un rayon de soleil, ce qui a fait rire la salle entière.

Meursault refuse et injure l’aumônier lorsque celui-ci est venu lui rendre une visite de confessions. Se sachant condamné il se consacre à la suite de son chemin spirituel, il tourne en dérision ce qui lui arrive et joue son propre scénario, il pense à la guillotine, au bourreau, mais souhaite qu’il y ait beaucoup de spectateurs lors de son exécution afin qu’ils acclament avec des cris de haine. Finalement il aura eu son heure de gloire, son destin était celui de mourir devant une assemblée remplie de haine.