Le petit lecteur


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Résumé du recueil Naïs Miscoulin d'Emile Zola

Naïs Miscoulin : un recueil de nouvelles sur les mœurs françaises de la seconde partie du XIXème siècle

L’ouvrage d'Emile Zola (1840-1902) intitulé Naïs Miscoulin est un recueil de sept nouvelles. La première nouvelle donne son titre à l’ouvrage. Ce corpus est une description de la société française dans le milieu du XIXème siècle.

À travers notre résumé de Naïs Miscoulin, le lecteur pourra goûter le bouleversement vécu par Zola et ses contemporains avec la révolution industrielle. De profondes mutations économiques et sociales sont en marche.

Naïs Miscoulin : une histoire d’amour sur la Côte bleue

La première nouvelle situe l’action sur la côte méditerranéenne, à l’Estaque, à côté de Marseille. Naïs est une jolie jeune femme sous l’emprise de la brutalité de son père, Micoulin. Emile Zola met encore en avant la violence quasi quotidienne qui existe entre les propriétaires des terres agricoles et ceux qui les exploitent. Naïs est la fille d’un metayer tandis que Frédéric, le jeune homme dont elle s’éprend, est le fils du propriétaire des terres.

Frédéric revient dans le domaine familial après plusieurs années passées en ville, dans les mondanités. Il retrouve Naïs avec qui il jouait quand ils étaient enfants. Il est ému de la brutalité avec laquelle son père, Micoulin, la traite. Lorsque la nuit tombe sur la Côte bleue, Frédéric et Naïs se retrouvent pour vivre leur amour interdit. Micoulin découvre les amants dormants sous les pins. De rage, il tente d’assassiner le garçon. Toutefois, c’est lui qui trouvera finalement la mort, emporté par une chute de rochers dans la mer.

Naïs Miscoulin est libérée d’un père tyrannique mais se résout également à voir partir Frédéric à la fin de l’été. En effet, ce dernier repart pour Aix-en-Provence, attendre la succession de son père tout en profitant des plaisirs frivoles qu’offre les mondanités.

Bien que cette nouvelle, Naïs Miscoulin, ait une fin dramatique, le lecteur peut y savourer tout le talent littéraire de Zola comme à travers cet extrait magnifique : Quel mois adorable ! Il ne plut pas un seul jour. Le ciel, toujours bleu, développait un satin que pas un nuage ne venait tacher. Le soleil se levait dans un cristal rose et se couchait dans une poussière d’or.

Nantas : histoire d’une ascension sociale

Continuons notre résumé de Naïs Miscoulin avec la seconde nouvelle du recueil qui met en scène un jeune homme du nom de Nantas. Il s’agit d’un fils de maçon marseillais qui se retrouve à Paris. Au bas de l’échelle sociale, Nantas se retrouve vite sans un sou jusqu’à ce qu’il rencontre une dame qui lui propose un marché qui lui semble être une opportunité.

Il doit épouser Flavie, une jeune femme riche héritière mais enceinte d’un homme marié et de condition sociale supérieure. Un mariage entre Flavie et Nantas permettrait de sauver l’honneur de la famille.

Le jeune homme accepte et les deux jeunes gens se marient. Toutefois, Flavie refuse de se donner à Nantas. Peu importe, puisque ce dernier s’enrichit grâce à son talent et se hisse dans la hiérarchie sociale jusqu’à devenir ministre de l’Empereur Napoléon III. Parallèlement à son succès social, Nantas développe de réels sentiments pour Flavie qui ne cesse de le rejeter.

Mais contrairement à la première nouvelle, Naïs Miscoulin, ce second récit ne finit pas sur un drame. Nantas est admiré dans la capitale. Sa réussite est spectaculaire. Flavie finit par relâcher son appréhension et s’ouvre aux sentiments de son mari. L’amour triomphe.

La mort d’Olivier Bécaille : péripéties d’un ressuscité

Dans cette troisième nouvelle du recueil intitulé Naïs Miscoulin, Emile Zola confie la narration à Olivier Bécaille. Avec sa femme, Marguerite, ils quittent Guérande, en Bretagne, pour s’installer à Paris. Leur espoir d’une vie meilleure disparaît bien vite puisqu’à peine installé, le couple doit faire face à une terrible épreuve : Olivier est victime de catalepsie. Malgré sa pleine conscience, il est totalement paralysé et ne peut manifester aucun signe de vie.

Un médecin est appelé. Fatigué, ce dernier ne se donne même pas la peine d’examiner Olivier et le déclare mort. Il est mis dans un cercueil puis inhumé. Malgré la terreur d’assister à ses propres funérailles, notre homme parvient à se mouvoir et à s’extirper de sa tombe.

Considérablement affaibli, il est recueilli par un médecin. Trois semaines de soins intensifs lui permettent de se remettre sur pied. En se rendant chez lui, il découvre que sa femme compte épouser un de leur voisin, Simoneau, à la fin de la période de deuil.

Olivier Becaille préfère ne pas revenir officiellement à la vie. Il regrette d’avoir épousé une femme plus jeune que lui qui ne semblait éprise d’aucune passion pour sa personne. Il prend la route et vit modestement.

Sa santé fragile lui fait craindre la mort à tout moment. Olivier s’y résout et déclare : « La mort ne m’effraie plus ; mais elle ne semble pas vouloir de moi, à présent que je n’ai plus aucune une raison de vivre, et je crains qu’elle ne m’oublie. » Vacciné de la crainte de mourir, il va par monts et par vaux.

Madame Neigeon, nouvelle d'Emile Zola

Notre résumé de Naïs Miscoulin vous entraîne maintenant dans le journal intime d’un certain Georges de Vaugelade. C’est un jeune homme de province qui raconte son entrée dans les salons parisiens. Son ami Félix l’introduit auprès de madame Neigeon qui tient l’un de ces salons.

Georges pense que la dame partage la même passion dévorante que lui. Toutefois, madame Neigeon est une femme pure qui est fidèle à son mari. Elle fait preuve d’une grande sincérité et révèle à Georges tous les jeux d’intrigue et de séduction qui ont cours dans les salons parisiens.

Dans cette courte nouvelle, le lecteur peut se délecter du style grandiose d’Emile Zola comme en atteste ce passage exquis : « Là, c’était une bigarrure extraordinaire de couleurs, des rouges, des jaunes, des bleus qui détonnaient, toute une débauche d’arc-en-ciel dans l’or écalant des cadres. »

Les coquillages de M. Chabre : entre charlatanisme et infidélité

La nouvelle suivante que nous allons passer au crible dans notre résumé de Naïs Miscoulin met en scène un bourgeois nommé M. Chabre. Âgé d’une quarantaine d’années, il a épousé une jeune femme, Estelle, de 20 ans sa cadette. Il est désespéré par l’absence d’enfant.

Un médecin lui recommande de manger des coquillages. Par ailleurs, selon l’expert en médecine, un séjour à la mer permettrait au couple de se revigorer. Ils se rendent donc à Guérande.

M. Chabre prend très au sérieux son régime à base de coquillages. Parallèlement, il ne remarque pas qu’une grande complicité se tisse entre sa femme et un dénommé Hector. M. Chabre tient en horreur la mer car il a peur de s’y noyer.

Ainsi, lors d’une balade sur la plage, alors que le mari reste loin du rivage, Estelle et Hector se font piéger par la marée montante. Ils se réfugient dans une grotte où ils se rapprochent intimement.

Neuf mois plus tard, alors que le couple est retourné à Paris, Estelle met au monde un garçon. M. Chabre est heureux de constater que les coquillages ont la vertu de donner des fils…

Résumé de Jacques Damour : un drame familial pendant la Commune de Paris

La suite de notre résumé de Naïs Miscoulin nous projette auprès d’un certain Jacques Damour, un ciseleur de métaux. Son épouse se nomme Félicie. Ils sont établis à Paris, dans le XXème arrondissement, rue des Envierges. Ensemble, le couple a un enfant qu’il nomme Eugène.

Emile Zola donne à cette nouvelle le cadre historique de la Guerre de 1870, qui oppose la France à la Prusse. Les Parisiens sont bien loin du front mais le conflit va soudainement débarqué aux portes de la ville-lumière. Malgré les victoires françaises, Bismarck parvient à mobiliser les forces prussiennes et bat l’Empire à Sedan. L’unité de l’Allemagne doit se faire dans la victoire totale face à la première puissance européenne d’alors.

Les Parisiens sont ahuris. La guerre se présente soudainement devant leurs remparts. La vie devient pesante : plus de travail, rationnement, maladies, etc. Pour tempérer, les gouvernants pactisent avec l’armée prussienne. La révolte du peuple se déclare dans la foulée. C’est la Commune de Paris. Jacques et Eugène, le père et le fils, prennent les armes pour défendre la Commune.

Le peuple de Paris se lève contre les riches et les politiciens qui ont choisi la trahison. Le combat se fait derrière des barricades. Eugène est tué par une balle. Emu, son quartier accompagne sa dépouille au cimetière du Père Lachaise.

Jacques veut venger son fils. Le lendemain même, il est à nouveau sur les barricades. Sa femme, Félicie, ne peut l’en dissuader. Ce conflit civil prend fin avec la victoire de l’armée de Versailles, la force militaire du gouvernement français. Jacques est fait prisonnier et envoyé en Nouvelle-Calédonie.

Des années s’écoulent. Il brûle d’envie de retourner à Paris, où demeurent Félicie et leur fille, Louise, née quelques années après Eugène. Il tente de s’évader avec d’autres prisonniers mais leur embarcation fait naufrage. Jacques est déclaré mort. Un avis de décès est envoyé à son épouse.

Il bourlingue aux États-Unis avant de revenir en France où il découvre que Félicie s’est remariée avec un boucher. Quant à Louise, elle a épousé un bourgeois et vit dans une maison à la campagne. L’errance de Jacques s’y terminera puisqu’il est accueilli par sa fille. Il s’abandonne à la vie champêtre.

Madame Sourdis : le génie caché

Dans la suite de notre résumé de Naïs Miscoulin, nous allons découvrir la dernière nouvelle du recueil. Adèle est âgée d’une vingtaine d’années. À la mort de son père, elle hérite d’une bonne fortune et demande en mariage un peintre peu connu : Ferdinand Sourdis.

Cette union se réalise sous l’impulsion d’une complicité intellectuelle entre les deux jeunes gens. Adèle a l’argent. Ferdinand a le talent artistique. Le but est de se rendre à Paris pour embrasser la gloire. Néanmoins, le peintre amateur a un autre talent : cumuler les conquêtes et s’abandonner à la débauche.

Le talent de l’artiste peine à s’exprimer. Adèle, qui a déjà peint des aquarelles, parvient à terminer les toiles que son mari peine à achever. C’est donc un duo de peintres qui œuvrent à Paris et rencontre un succès qui traverse les frontières. La collaboration doit rester secrète. Un de leurs amis, Rennequin découvre la vérité.

Après quelques années de vie parisienne, le couple décide de regagner la province. Ferdinand est fatigué par la maladie et c’est sa femme qui peint en son nom. Le succès est immense. Adèle triomphe dans l’art sous couvert du nom de son mari.

Dans ce recueil de sept nouvelles intitulé Naïs Miscoulin, Emile Zola dresse à son lecteur un panorama de relations entre des femmes et des hommes face à leur temps. C’est une compilation de nouvelles qui est d’une richesse tout aussi grande que son Nana ou encore son Germinal.