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13 minutes de lecture - Le bourgeois gentilhomme

Résumé détaillé de Le bourgeois gentilhomme

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Le Bourgeois gentilhomme est une comédie-ballet, pièce où se mêlent dialogues, musique et danse, écrite en prose et en cinq actes par Molière, en collaboration avec Lully qui se chargea notamment de la partie musicale. Elle fut représentée pour la première fois le 14 octobre 1670 “pour le divertissement du roi”, à Chambord, devant la cour. Le sujet, “une cérémonie turque burlesque”, a été imposé à l’auteur. En effet, outre le fait que les turqueries étaient alors à la mode, le roi Louis XIV gardait rancune à un envoyé du Grand-Turc, reçu en grande pompe à Saint-Germain-en-Laye à la fin de l’année 1669, du peu de cas que cet ambassadeur avait fait de la magnificence de la réception. Molière utilise donc ce trompe-l’oeil pour développer la critique des manies d’un parvenu, monsieur Jourdain.

Acte Premier

Un élève du maître de musique compose un air commandé par le Bourgeois, monsieur Jourdain, pour une sérénade. Le maître de musique entre, accompagné du maître de danse, de trois musiciens, de deux violons et de quatre danseurs. Le maître de musique contrôle le travail de son élève, puis il commence à parler avec le maître à danser de leur riche client. Le maître de musique est d’avis qu’un client riche est tout ce qu’il y a de mieux et souhaiterait que les gens comme lui, donnant beaucoup de travail mais payant bien, fussent plus nombreux. Le maître à danser déplore cependant l’ignorance de monsieur Jourdain et souhaiterait qu’il eût un goût plus sûr.

Monsieur Jourdain entre accompagné de deux laquais et fait admirer aux deux maîtres ses nouveaux vêtements du matin, faisant une première allusion aux “gens de qualité” dont il aimerait tant faire partie. Le maître de musique lui fait écouter l’air composé par son élève. Monsieur Jourdain s’inquiète des compétences de celui-ci, puis trouve l’air un peu lugubre, avant de chanter lui-même un air plus populaire. Le maître de musique et le maître à danser le flattent à propos de sa performance avant de l’encourager à apprendre la musique en plus de la danse. Chacun souligne alors l’utilité et la nécessité de la musique et de l’art de la danse jusque dans la conduite de l’Etat. Le maître de musique présente ensuite un dialogue en musique sur le thème de l’amour interprété par deux musiciens et une musicienne, jouant des bergers. Le maître à danser poursuit avec une danse interprétée par les quatre danseurs.

Acte II

Monsieur Jourdain demande aux deux maîtres d’arranger rapidement ce petit ballet, car il veut le faire donner pour un invité. Le maître à danser lui assure que tout est prêt, alors que le maître de musique l’invite à faire donner des concerts de musique chez lui toutes les semaines, comme “les gens de qualité”. Monsieur Jourdain tient à montrer à ce dernier comme il sait danser le menuet, avec l’aide du maître de ballet. Il demande également à ce dernier de lui enseigner une révérence pour recevoir une marquise.

Le maître d’armes arrive et monsieur Jourdain insiste pour que le maître de musique et le maître à danser le voient prendre sa leçon. Le maître d’armes commence la leçon par quelques passes et, même si monsieur Jourdain semble un peu perdu, le maître de musique le félicite. Le maître d’armes assure que sa science, qui permet de donner des coups sans en recevoir, est indispensable à un Etat et par là-même bien supérieure aux “sciences inutiles”. Il cite alors la danse et la musique, ce qui entraîne une dispute et un échange de plus en plus vif entre les trois maîtres.

Le maître de philosophie arrive sur ces entrefaites et monsieur Jourdain le prie de calmer les esprits avec sa science. Mais chacun campe sur ses positions et le maître de philosophie affirme à son tour la supériorité de sa propre science, ce qui déclenche une nouvelle dispute, cette fois entre les quatre maîtres. Ceux-ci sortent en se battant, sous le regard impuissant de leur hôte qui décide de ne pas s’en mêler.

Le philosophe revient en rajustant sa tenue et demande à monsieur Jourdain ce qu’il souhaite apprendre et ce qu’il connaît déjà. Son élève lui répond qu’il sait lire et écrire et souhaite être savant. Le maître lui propose d’apprendre la logique, mais cela n’attire pas monsieur Jourdain. Il lui propose alors d’apprendre la morale, mais son élève préfère garder libres ses humeurs. Il lui propose ensuite d’apprendre les sciences physiques, mais cela semble trop vaste et confus au Bourgeois. Celui-ci demande alors à son maître de lui apprendre l’orthographe. Le maître de philosophie lui présente alors les voyelles une par une, en s’attardant sur la prononciation de chacune et sur la déformation subie par la bouche. Monsieur Jourdain trouve cela admirable et est enthousiasmé. Il demande alors à son professeur de l’aider à écrire un billet à la “personne de qualité” dont il est amoureux. Le maître demande s’il veut des vers ou de la prose, mais monsieur Jourdain répond qu’il ne veut ni l’un ni l’autre. Le maître lui explique alors qu’il parle en prose, et il le remercie de lui avoir enseigné qu’il parlait en prose sans le savoir. Le maître lui propose plusieurs tournures pour son billet, mais c’est la plus simple et la plus claire qui lui semble la plus indiquée. Le maître de philosophie prend congé. Monsieur Jourdain se fâche après le tailleur, qui n’arrive pas.

Le maître tailleur entre accompagné d’un garçon tailleur, qui porte l’habit confectionné pour monsieur Jourdain. Ce dernier critique le travail de l’artisan, mais celui-ci lui assure que c’est ainsi que s’habillent les personnes de qualité, ce qui rassure son client. Le maître tailleur fait entrer quatre garçons tailleurs pour mettre l’habit au Bourgeois de la même manière que chez les “personnes de qualité”. L’un des garçons appelle monsieur Jourdain “mon gentilhomme”. Flatté, celui-ci lui donne une pièce. Le garçon l’appelle alors “monseigneur” et “Votre Grandeur” et monsieur Jourdain le récompense à nouveau. Les quatre garçons se réjouissent en dansant.

Acte III

Monsieur Jourdain s’apprête à sortir pour montrer son nouvel habit. Il appelle Nicole, la servante, pour donner des ordres.

Lorsque Nicole arrive, elle ne peut s’empêcher de rire devant l’allure du maître de maison. Celui-ci menace de la punir, mais elle préfère pouvoir continuer à rire quelque soit la punition. Monsieur Jourdain lui demande de préparer la maison pour ses invités, ce qui met Nicole de mauvaise humeur à l’idée du désordre occasionné.

Madame Jourdain entre à son tour et est scandalisée par l’allure de son mari. Elle lui dit que tous se moquent déjà de lui. Il répond que seuls les sots se moquent de lui. Sa femme lui reproche sa façon de vivre et Nicole renchérit sur le surcroit de travail que cela lui donne. Monsieur Jourdain leur dit de se taire et les traite d’ignorantes. Madame Jourdain lui suggère de plutôt songer à marier sa fille. Nicole lui apprend qu’il a engagé un maître de philosophie, ce dont sa femme ne voit pas l’utilité. Il lui récite alors sa leçon du jour sur la prose et les voyelles puis veut montrer la leçon du maître d’armes, mais il ne peut que se rendre ridicule. Madame Jourdain lui dit qu’il devient fou depuis qu’il veut fréquenter la noblesse et n’apprécie guère son ami le comte Dorante, qui lui emprunte régulièrement de l’argent. Son mari répond que celui-ci le lui rend bien, mais ne veut pas préciser comment.

Dorante arrive et complimente monsieur Jourdain sur son habit. Il le flatte en prétendant avoir parlé de lui “dans la chambre du roi”. Il le traite ostensiblement en égal avant d’affirmer qu’il vient pour faire le compte de ce qu’il doit au Bourgeois. Ils font donc les comptes ensemble, puis Dorante lui emprunte encore deux cent pistoles, que monsieur Jourdain lui donne malgré l’exaspération de sa femme.

Monsieur Jourdain sorti, Dorante tente de complimenter madame, mais doit battre en retraite.

Monsieur Jourdain revient avec l’argent. Dorante le prend en aparté et lui dit qu’il a bien transmis son cadeau à la marquise Dorimène. Elle viendra pour le repas et le ballet. Il affirme jouer le messager dévoué entre son ami et la marquise. Il le conseille et lui rappelle d'éloigner sa femme de la maison pour le dîner. Madame Jourdain s’inquiète de l’aparté et envoie Nicole pour essayer d'écouter, mais monsieur Jourdain la voit et lui donne un soufflet.

Madame Jourdain et Nicole conviennent que quelque chose se prépare, mais madame Jourdain préfère s’occuper de sa fille. Elle veut aider Cléonte à l'épouser. Nicole en est heureuse car elle est elle-même amoureuse du valet de Cléonte. Madame Jourdain l’envoie chercher Cléonte pour qu’il fasse sa demande.

Mais lorsqu’elle trouve Cléonte et son valet Covielle, ceux-ci la renvoient sèchement. Elle part en informer sa maîtresse Lucile.

Restés seuls, les deux hommes exposent leurs griefs : Lucile s’est a fait mine de ne pas connaître Cléonte dans la rue. Cléonte veut donc rompre et demande à Covielle de lui dire tout le mal qu’il pourra de Lucile. Mais chaque fois que le valet lui trouve un défaut, Cléonte la tourne en qualité.

Lucile et Nicole les rejoignent, mais ils refusent d'écouter les explications de Lucile. Lucile décide alors également de ne rien dire, ce qui retourne la situation. Finalement, elle explique à CLéonte qu’elle ne pouvait le saluer devant une vieille tante qui l’aurait pris comme un affront. Tous les quatre sont donc réconciliés.

Ils sont rejoints par madame Jourdain qui encourage Cléonte à faire sa demande.

À l’arrivée de monsieur Jourdain, celui-ci lui demande donc la main de Lucile. Monsieur Jourdain veut d’abord savoir s’il est gentilhomme. Cléonte lui répond qu’il n’aime pas l’imposture, qu’il pense être un parti convenable, mais qu’il n’est pas gentilhomme. Monsieur Jourdain refuse donc sa demande. Madame Jourdain se met en colère est rappelle l’origine de leurs parents respectifs, origines que nie son mari. Elle veut seulement un bon mari pour sa fille, un mari qui lui corresponde, mais lui veut la faire au moins marquise. Il campe sur ses positions et sort suivi par sa femme et sa fille qui veulent le faire revenir sur sa décision.

Covielle reproche à Cléonte de s'être montré trop sincère et honnête avec monsieur Jourdain. Il affirme que ce dernier est devenu fou et propose de lui faire donner la main de sa fille à l’aide d’une mascarade.

Monsieur Jourdain se prépare à accueillir Dorante et Dorimène. On découvre que Dorante courtise Dorimène et se sert pour cela des largesses du Bourgeois. Dorimène s’inquiète de son empressement.

Monsieur Jourdain entre et tente de faire la révérence qu’il a apprise, mais il n’a pas assez de place et se rend ridicule. Il veut complimenter Dorimène, mais Dorante l’arrête et lui conseille de ne pas parler de ses présents. Dorante trompe à la fois monsieur Jourdain en lui faisant croire que Dorimène est ici pour lui et Dorimène en lui faisant croire qu’il est lui-même l’auteur des présents et attentions de monsieur Jourdain.

Dorante invite à passer à table et fait venir les musiciens. Six cuisiniers dansent et apportent la table.

Acte IV

Dorimène trouve le repas magnifique. Monsieur Jourdain et Dorante flattent tous deux la marquise en affirmant que le repas n’est pas digne d’elle. Dorante évite que monsieur Jourdain n’en dise trop en faisant venir du vin et des musiciens qui interprètent deux chansons à boire. Dorimène est ravie et les deux hommes continuent à la courtiser.

Madame Jourdain fait irruption et reproche à son mari de courtiser une autre. Dorante affirme que c’est lui qui donne ce repas et que monsieur Jourdain ne fait que prêter la maison. Madame Jourdain ne le croit pas et reproche à Dorante de soutenir les “sottises” de son mari. Elle reproche à Dorimène de vouloir séparer leur ménage. Dorimène ne comprend plus, se fâche et quitte la table, suivie par Dorante. Monsieur Jourdain le prie de faire des excuses en son nom à la marquise et reproche à sa femme de lui faire du tort devant “des personnes de qualité”. En aparté, il lui reproche d'être arrivée au mauvais moment. Madame Jourdain sort et ils se quittent en colère.

Covielle entre alors et se fait passer pour un ami du père de monsieur Jourdain. Affirmant que celui-ci était “un fort honnête gentilhomme”, il gagne la confiance de ce dernier. Il raconte qu’il a voyagé de part le monde et lui fait croire qu’il parle le turc. Il lui fait croire également que le fils du Grand Turc est là et est amoureux de Lucile. Il lui affirme que le fils du Grand Turc le considère comme un gentilhomme et veut devenir son gendre. Covielle émerveille monsieur Jourdain en inventant des phrases dans une langue imaginaire et leur traduction. Il l’informe encore que le fils du Grand Turc va venir et le faire “Mamamouchi”, “qui est une certaine grande dignité de son pays”. Covielle déguisé précise enfin que Lucile ne fera pas de difficultés car le fils du Grand Turc ressemble à Cléonte.

Cléonte entre déguisé en turc avec trois pages. Il fait semblant de parler en turc et Covielle assure la traduction en imitant des formules de politesse orientales. Cléonte demande à monsieur Jourdain de le suivre pour préparer la cérémonie d’ennoblissement.

Covielle rencontre Dorante et lui explique le stratagème mis au point pour faire épouser Cléonte à Lucile. Il lui demande son aide et s'écarte pour lui donner les détails et laisser place à la cérémonie.

La cérémonie se fait en danse et en musique. Entrent le mufti, quatre servis, douze Turcs danseurs ou musiciens. On amène monsieur Jourdain vêtu à la turque. La cérémonie est dite dans des langues orientalisantes et les Turcs répètent ses paroles. Le mufti demande aux Turcs assistants la religion de monsieur Jourdain et ils affirment qu’il est mahométan. Le mufti invoque Mahomet et fait donner le turban et le sabre au Bourgeois, puis lui fait donner des coups de bâton. Le mufti réitère une nouvelle invocation, puis il sort avec tous les Turcs en dansant et en chantant.

Acte V

Madame Jourdain découvre son mari habillé en Turc et se scandalise. Monsieur Jourdain se fâche et entend faire reconnaître sa nouvelle noblesse. Madame Jourdain ne comprend pas ce qu’il raconte et il répète quelques paroles de la cérémonie. Sa femme le croit devenu fou.

Dorante et Dorimène sont résolus à aider Cléonte et se moquent du Bourgeois. Dorimène accepte d'épouser Dorante.

Monsieur Jourdain les rejoint et Dorante fait mine de rendre hommage à sa nouvelle noblesse. Monsieur Jourdain tente de reproduire les formules de politesses orientales mais se rend à nouveau ridicule. Il s’excuse pour l’esclandre de sa femme lors du repas. Dorante et Dorimène veulent présenter leurs devoirs au “fils du Grand Turc”.

Cléonte entre accompagné de Covielle. Monsieur Jourdain continue de se ridiculiser.

Lucile arrive à son tour et s'étonne de l’accoutrement de son père. Celui-ci l’informe qu’il a choisi le fils du Grand Turc pour être son mari. Lucile refuse de prendre un autre mari que Cléonte, mais elle reconnait celui-ci sous le déguisement et fait mine de se soumettre à la volonté paternelle.

Madame Jourdain entre et trouve son mari de plus en plus fou. Elle refuse le mariage. Monsieur Jourdain lui dit de se taire et Dorante et Dorimène tentent de la convaincre que tout est pour le mieux. Dorante lui dit que sa fille y a consenti, mais elle n’y croit pas. Covielle tente de lui parler, mais elle le refuse. Covielle finit par réussir à lui parler en aparté et lui dévoile la supercherie. Madame Jourdain consent alors au mariage. On envoie chercher un notaire pour marier Lucile et Cléonte. Dorante dit que Dorimène et lui en profiteront pour se marier également et il fait croire à monsieur Jourdain que c’est pour apaiser les soupçons de madame Jourdain. En attendant le notaire, on fait donner le ballet évoqué plus haut dans la pièce.

La comédie finit par ce ballet en cinq entrées. Il est d’abord parlé et accompagné de musique, puis chanté, en espagnol, en italien et en français.