Le petit lecteur

6 minutes de lecture - Claude Gueux

Résumé de Claude Gueux

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L’histoire de Claude Gueux se déroule à Paris au début du XIXème siècle.

Claude Gueux, un modeste ouvrier, vit en concubinage avec une jeune fille et l’enfant de celle-ci. C’est un homme habile et intelligent mais analphabète et sans éducation. Un hiver pendant lequel le travail se fait trop rare, la petite famille souffre de la faim et du froid. Claude se résout à voler pour vivre. Le maigre butin permet à la femme et à l’enfant de vivre de pain et de se réchauffer, pendant trois jours. L’homme récolte malheureusement cinq ans de prison, peine à purger à la maison centrale de Clairvaux.

1) La vie à Clairvaux

Durant sa peine, il passe la nuit dans un cachot et le jour dans un atelier. Le directeur des ateliers est un homme mauvais et tyrannique, qui abuse de son autorité. Claude est très vite présenté à ce personnage obstiné mais sans intelligence. Le directeur le traite bien, reconnaissant ses qualités d’ouvrier. Sans être sûr des faits, il lui apprend que sa concubine est apparemment devenue fille de joie et qu’il n’a pas de nouvelles de l’enfant.

Le charisme naturel de Claude et surtout son regard attirent la sympathie des codétenus et forcent l’admiration. Ce respect a pour corollaire la haine des surveillants.

Claude possède un solide appétit et la ration fournie en prison ne lui permet pas de manger à satiété. Albin un jeune homme fragile de vingt ans, propose de partager son repas avec lui, ce qui émeut beaucoup Claude.

2) Albin

Une amitié se noue aussitôt entre les deux êtres, tel un père et un fils, Claude ayant trente-six ans. Ils travaillent dans le même atelier, dorment dans la même pièce.

Par pure méchanceté et par jalousie, le directeur que tout le monde appelle M.D., décide un jour de séparer les deux hommes. Il convoque Albin et l’assigne dans un autre quartier de la prison. Claude parle le lendemain soir à M.D. et tente une première fois de plaider le retour d’Albin près de lui. Il parle du manque de nourriture et de l’accord tacite qui existe entre les deux amis à propos du partage du pain. M.D. refuse. Albin a été changé de quartier et il est impossible qu’il revienne.

D’autres prisonniers proposent à Claude de partager leur pitance, mais ce dernier refuse en souriant.

Claude prie quotidiennement le directeur de revenir sur sa décision, mais essuie systématiquement un silence ou un refus.

Le directeur est têtu mais Claude est lui aussi déterminé et tout le monde sent l’imminence d’un événement.

3) L’ultimatum dans Claude Gueux

Le 25 octobre, Claude adresse un ultimatum au directeur, lui enjoignant de lui rendre Albin avant le 04 novembre. Chaque jour Claude avertit le directeur que l’absence d’Albin est un supplice et il se voit alors infliger une peine de vingt-quatre heures de cachot : la demande ressemble trop à une sommation.

Le 04 novembre, Claude montre un visage serein inhabituel depuis le départ forcé de son ami. Il pioche dans ses affaires une petite paire de ciseaux et s’en va travailler avec ardeur. Avant midi il descend à l’atelier de menuiserie pour demander une hache.

Quand on lui demande pourquoi, il répond calmement que c’est pour tuer M.D. le soir même. Il prend une hache petite et tranchante et la cache dans son pantalon. Vingt-sept prisonniers voient la scène mais gardent le secret.

4) Règlement de compte

Le soir il prend la parole devant ses camarades et les prévient que pendant la ronde de M.D., dans deux heures, il va le tuer à cause de sa cruauté. Avant tout, il promet d’essayer une dernière fois de faire fléchir la volonté de fer du directeur.

Avant le passage de celui-ci, Claude rassemble ses affaires et les distribue à ses compagnons, ne gardant que les ciseaux. Il embrasse ensuite tout le monde dans un pur moment de camaraderie. A neuf heures arrive M.D. dans l’atelier. Claude lui demande avec douceur de lui rendre Albin, il le supplie mais essuie un nouveau refus. Alors Claude recule, sort sa hache et assène quatre coups mortels sur le crâne de M.D. et un cinquième dans sa cuisse. Le directeur mort, il décide de se suicider avec les ciseaux. Il se transperce la poitrine à plus de vingt reprises, sans atteindre le cœur. Baignant dans son sang, il finit par s’évanouir mais n’est pas mort. Il reprend connaissance dans un lit, soigné par des sœurs de charité et en présence d’un juge d’instruction qui va l’interroger.

5) Le procès

Pendant de longs mois, Claude est soigné, luttant contre des fièvres presque mortelles et finit par être présenté guéri devant la cour d’assises de Troyes, le 16 mars 1832.

Fait peu commun, aucun témoin des événements du 04 novembre ne veut déposer contre Claude, malgré les menaces du juge. Afin de leur éviter des ennuis, Claude leur demande d’expliquer ce qu’ils ont vu.

Ce procès déclenche de vives émotions aussi bien dans l’assemblée que chez les prisonniers. Le réquisitoire et la plaidoirie suivent puis Claude se permet d’intervenir à l’issue, estimant que tout n’a pas été dit. Son éloquence pour un homme sans instruction, remue la foule. Il rappelle le motif de l’assassinat : un martyre de quatre ans, une humiliation quotidienne de la part d’un tyran !

Malgré la ferveur de son discours, les jurés le condamnent à mort. Il refuse de se pourvoir en cassation malgré les demandes pressantes puis cède. Dans la prison, on lui propose de s’évader mais il refuse. Alors on lui jette de quoi limer ses fers ce qu’il refuse également. Son pourvoi est finalement rejeté le 8 juin 1832 et à huit heures, il va être exécuté.

Calmement on prépare le condamné et lui s’entretient avec le prêtre et le bourreau. Puis on le mène, pâle, vers l’échafaud. Il donne pour les pauvres sa dernière pièce et meurt la tête tranchée.

6) Moralité de Claude Gueux

Le narrateur évoque alors les problèmes de société au XIXème siècle. Qu’est ce qui a fait défaut à Claude Gueux, cet homme équilibré, en bonne santé, pour réussir sa vie ? C’est la responsabilité de la société si cet homme a volé et tué.

Victor Hugo concède qu’il est important d’avoir des discussions politiques, il concède la nécessité de ceux qui ergotent sur des points de détails économiques ou de ceux qui légifèrent. Mais à son avis il y a des choses plus importantes encore : comment empêcher que les gens soient exécutés, comment endiguer la misère du peuple qui a faim et froid ?

C’est la misère qui pousse au crime. L’auteur regrette le trop faible taux d’alphabétisation dans le pays : pour lui l’éducation du peuple est la solution aux maux de la société. Encourager la lecture, notamment de la Bible, va moraliser le peuple.

En cultivant sa tête, point besoin de la couper.