Le petit lecteur

3 minutes de lecture - Zadig

Analyse de Zadig

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Voltaire se sert de la forme du conte (présupposée naïve) pour dénoncer les torts de sa société. Son oeuvre “Zadig” n'échappe pas à la règle. De cette façon, derrière ses traits enfantins, se cache une vision bien plus sérieuse du monde et de la vie d’après l’auteur.

Un conte d’initiation

Le personnage de Zadig est un jeune homme ayant reçu une bonne éducation. Ainsi, il sait contenir ses pulsions et ses passions. Il fait également preuve d’un fort aspect moral. C’est un homme de loi qui exerce la fonction de Premier Ministre. Il ne cesse de la faire respecter avec justice et justesse.

Cependant, sans pouvoir se l’expliquer, Zadig ne cesse de ressentir des désillusions sur le monde. Ainsi, son idéal de vie semble bien éloigné de la réalité et Zadig ne trouve aucune explication à ce sujet. Les autres le jalousent et veulent sa perte. Ces “autres” ne sont pas mentionnés par des noms mais uniquement par le biais de fonctions : la femme, le paysan… Cela est une des caractéristiques du conte mais cet élément permet également à l’auteur de dénoncer un aspect de la société : celui de l'égoïsme et du manque d’humanité qui lie tout les membres d’une même société.

Ce n’est que par le biais d'épreuves douloureuses que Zadig va pouvoir s’initier à la vie.

Une structure de la narration quelque peu déroutante

On compte trois grands moments de narration principaux dans l’oeuvre de “Zadig” : l’exil, l’errance et, enfin, celui du désespoir.

Le temps est sans cesse accéléré. Ainsi, tout concorde pour dire qu’il y a une grande concentration de l’action vers ces événements. La narration se veut brève et concise. De cette façon, les péripéties sont nombreuses et leur résolution est rapide.

On remarque l’omniprésence du présent de narration. Les événements se passent donc sous les yeux du lecteur amusé et, parfois, dépité. Cela met en exergue leur incohérence et leur absurdité.

Un conte, en réalité, satirique

En effet, sous ses aspects naïfs, le conte “Zadig” dénonce plusieurs grands thèmes, chers à Voltaire. Ainsi, la justice et le despotisme sont fortement dénoncés et condamnés par l’auteur. Le personnage de Zadig est un représentant de la justice et de ses lois. Mais, aucun élément concret ne nous est donné sur ces soit-disantes lois. Dès lors, la justice apparaît comme étant peu crédible.

Le despotisme n’est illustré qu'à travers des passions condamnables. La politique est mise à mal dans la mesure où aucune motivation profonde ne la justifie et ne l’explique. Elle n’est qu’arbitraire et que source de souffrance. Arimaze est très illustrateur à ce sujet. Il est la caricature du conseiller vaniteux et inutile. Tous ces conseils mènent à des échecs regrettables. Voltaire hyperbolise ce trait de caractère. Le personnage d’Arimaze en devient presque burlesque.

Qui plus est, toutes les croyances sont mises à mal. De cette façon, les croyances sont tournées en ridicule et mènent, une fois de plus, à l’absurdité et l'échec. Elles n’apportent rien de bon aux personnages, au contraire. L’auteur ne réfute pas l’idée de Dieu mais l’idolâtrie que l’on peut porter à la religion.

Le contre “Zadig” de Voltaire est donc remplis de faux-semblants. A la première lecture, on est surpris par sa naïveté. En effet, toutes les caractéristiques d’un conte traditionnel sont respectées. Cependant, très vite, on se rend compte que cette forme littéraire n’est qu’un prétexte pour mettre en exergue la satire et la dénonciation de l’auteur. De cette façon, à travers son personnage de Zadig, Voltaire nous laisse entrevoir une pensée bien plus sérieuse et bien plus sévère. La religion, la politique et la justice sont finement mises à mal.