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3 minutes de lecture - Voyage au bout de la nuit

Analyse de Voyage au bout de la nuit

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La vision anti-héroique de la guerre dans l'épisode de Barbagny

La première guerre mondiale est présentée dans le roman “Voyage au bout de la nuit” comme une guerre anti-héroique. Ce récit est celui d’une errance durant laquelle les soldats sont livrés au harsard et à l’absurde. Pendant les périodes de guerres, les soldats doivent se battre et normalement pas vagabonder à travers les champs de bataille. Ils n’ont pas de stratégies précises ni de but. Aucunes missions ne leur sont données, aucuns camps n’est à affronter, ils doivent juste retrouver BARBAGNY. Le résultat de cette opération est le fruit du hasard. La répétion du verbe “trouver” ou “retrouver” durant cette épisode du roman souligne l’errance des soldats livrés à eux mêmes. Ce flou est entretenu par la syntaxe des phrases. On a une alternance entre les forme positives et négatives. Ce procédé renforce l’idée d'événements aléatoires au cours incontrôlable. La mission est réussie, certes, mais seulement par erreur. Les soldats n’ont jamais eu la maîtrise de la situation ni du cours des choses. Ainsi Ferdinand Céline utilise fréquemment dans ce passage les expressions: « selon les hasards », « c’était surtout par erreur ». Donc la réussite ou l'échec d’une opération ne tient ni à la compétence des soldats, ni à la stratégie militaire de combat, ni à leurs bravoures à tous, mais d’une pure chance. Ainsi Céline utilise son style pour mettre en forme cette idée. Il emprunte les temes “tantôt/tantôt” et “la plus part du temps” pour signifier dans le texte l’alternance. Cela souligne également le caractère exceptionnel et inoue des coincidences et des coups de chances. Le narrateur revendique une certaine lâcheté. Il ne souhaite pas qu’on prenne un soldat pour un héros. Faire preuve de bavoure en temps de guerre est pour lui synonyme de folie ou de conduite suicidaire. Les thermes : « Pas du tout » renforce cette revendication. Le mot « point » est encore plus radicale dans la continuation de cette même idée. La lacheté est une preuve de bon moral.

Le sentiment de peur domine le narrateur durant la mission Barbagny

Le sentiment de peur est en contradiction avec l’archétype du héros, modèle de courage et de bravoure. De nombreuses métaphores et images de crainte parsèment cette épisode. La peur est omniprésente dans l’opération Barbagny. Déjà l’action se déroule la nuit, ce qui est angoissant, surtout en période de guerre car on se voit pas le danger qui peut être partout. La nuit est donc vue dans cet extrait comme une entité effrayante, monstrueuse, une sorte de cauchemar mais éveillé. Ainsi Céline utilise le terme “bouffer” pour s’exprimer sur la nuit. On la compare ici avec la langue, la bouche qui dévore les individus. Il y a ensuite une personnification de cette environnement nocturne menaçant. Les phrases suivantes:« volontés homicides énormes », « taillis sournois” montrent que la nuit donnent des envies de meurtres et que le protagoniste est sur le qui-vive. Il a très peur des menaces alentours. Le narrateur se sent très mal dans ce contexte. C’est comme si il était condamné à mort. Il se compare à plusieurs reprises à un soldat traqué comme dans une chasse à l’homme. Partir pour Barbagny c’est en quelque sorte partir pour la guillotine. Il utilise de nombreux synonyme du champ lexical de la mort. Partir en mission à Barbagny aller sciemment à sa perte en toute conscience. Ici il Ferdinand Céline véhicule l’idée de sacrifice et de suicide, d’où l’expression dans cet extrait: « nous expédier au trépas ». La ponctuation est intéressante à relever dans cette épisode. Cette dernière est très rythmné, ce qui traduit la panique et l’angoisse du narrateur, sur le fond comme sur la forme.