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3 minutes de lecture - Le mariage de Figaro

Analyse de l'acte V, scène III du Mariage de Figaro

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Analyse de l’acte V, scène III

Il s’agit là d’un long monologue. Comme tout monologue, l’enjeu est de taille. Ainsi, à travers les paroles de son personnages, Beaumarchais dénonce les injustices de la société.

Tout d’abord, la forme du monologue tend à suggérer une certaine indignation de la part du personnage. Figaro nous invite à réfléchir sur la misère du peuple et fait des allusions aux souffrances qu’il a, lui aussi, vécues. Le réalisme est fortement présent dans les paroles du protagoniste et cela aussi bien physiquement que moralement.

Des effets d’accumulation montrent la difficulté éprouvée à se sortir d’une telle condition. L’accumulation concernant les métiers est la plus révélatrice à ce sujet. Cette pluralité des métiers amoindrit le personnage. Faire tout, au final c’est ne rien faire. Le thème de l’inexistence sociale devient alors omniprésent. En opposition à ce thème, le champ lexical de la richesse jonche la scène. Il sert de faire valoir à la misère et, ainsi, l’amplifie. Ce n’est non pas pour louer ses bienfaits mais bel et bien pour dénoncer sa présence qu’il est utilisé.

En outre, les conséquences de cette misère sont évoquées : le suicide. Plus fort que la mort elle-même, le suicide tend à suggérer un acte personnel lié au désespoir et causé par la société. Le suicide prend alors une autre dimension : il n’est plus individuel mais collectif.

Mais, le monologue de Figaro va bien plus loin. Il ne suffit pas uniquement de dénoncer la misère dans laquelle vit le peuple, plus encore, les valeurs de la société sont totalement inversées. De ce fait, la société pousse ses citoyens au vice, à la malhonnêteté. De cette façon, les différents parcours de vie forment une boucle : on commence par se faire voler, on tente de se relever mais, pour survivre, on est contraint et forcé de voler à son tour. Par ailleurs, ce n’est que par le biais de ce vice, que les autres personnages de la société accordent une certaine forme de reconnaissance.

Qui plus est, une forte opposition entre noblesse et bas-peuple est notable. Elle est révélatrice de l’injustice et de la souffrance ressentie par la totalité des gens de ce bas-peuple. Elle se remarque notamment grâce à la question rhétorique suivante : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus ». L’auteur dénonce aussi la fortune par le sang et non par la force du travail. Ainsi, il suffit d'être né de parents de bonne famille pour accéder à la richesse et avoir un parcours de vie paisible. Au contraire, les gens du bas-peuple ne pourront jamais accéder à cette fortune même en travaillant toute leur vie. Tout un champ lexical du combat vient appuyer, renforcer cette idée.

Enfin, l’absurdité semble être le maître régisseur du royaume dans lequel vit le personnage de Figaro. De ce fait, une absence de lien logique se remarque dans la totalité du monologue. Plus encore, lorsque ces liens sont faits, ils n’ont aucun sens et le spectateur ne comprend pas le pourquoi du comment. L’absurdité de la société est dénoncée, elle est un tort mais un tort contre lequel il est difficile de se battre car l’absence de logique entraîne souvent l’absence de solution.

Les valeurs de la société sont donc bel et bien inversées. A travers son personnage de Figaro, n’est-ce pas sa propre société que Beaumarchais dénonce ? Serait-il inquiet de son propre sort ? Quoi qu’il en soit, l’absurdité de la société semble régner et laisser les gens du bas-peuple dans une grande misère et une grande souffrance. De même, la loi du sang est fortement dénoncée.