Le petit lecteur

4 minutes de lecture - L'enfant

Analyse de L'Enfant de Vallès

⚠️ Acheter le livre sur Amazon (lien affilié) : L'enfant ⚠️

Dans “L’Enfant”, Jules Vallès fait prendre à son narrateur le nom de Jacques Vingtras, conservant ainsi ses initiales JV, pour raconter sa propre histoire. Ce sera le premier livre d’une trilogie, complétée par “Le bachelier”, et “L’insurgé”.

Il y évoque ses souvenirs d’enfance, souvent douloureux, avec des scènes pénibles.

Que ce soit à la maison, avec des parents qui passaient leur temps à lui crier dessus, à le rabaisser, ou à l'école, Jacques/Jules n’a pas que de bons souvenirs de son enfance. Loin de là.

Il débute son récit à l'âge de 5 ans. Sa mère, une paysanne injuste, sournoise, lui fait effectuer toutes les tâches qu’elle ne veut pas faire. Que ce soit le ménage, la vaisselle, c’est Jacques qui s’y colle. Il a intérêt à ne pas casser, à accomplir sa mission correctement, sinon, il sait que la punition tombera. Déjà qu’il doit subir les coups de fouet, chaque jour, pour être un mauvais garçon. Dès sa naissance, elle ne l’a pas aimé. Il représente tout ce qu’elle déteste.

Son père, professeur, n’est pas meilleur. On pourrait se dire qu’avec l’instruction, il aurait appris. Il n’en était rien. S’il ne le battait pas, il n’empêchait pas sa femme de le faire. Sa culpabilité, aux yeux de Jacques, était au moins aussi importante que celle de sa marâtre de mère.

Heureusement, dans la famille, il y avait des oncles, des tantes, et surtout des cousines. Tous étaient bien différents des exemplaires que Jacques avait à la maison chaque jour. Le jeune garçon ira même jusqu'à tomber amoureux de ses cousines. Elles sont si belles, si gentilles ; tout le contraire de cette mère qui le brime, qui l’humilie, qui le hait. Elles, au moins, elles l’aiment bien. Elles rient avec lui, elles s’amusent, elles ne se moquent pas de lui. Cela le change.

Après l’oppression de sa mère, Jacques va devoir subir celle du collège. Avec des enseignants tous plus horribles les uns que les autres. Imbus de leur savoir, pédants. Il retrouve en eux son père, cet homme fier de son statut qui ne se préoccupe guère de ce qui l’entoure. Le pire de tous est ce philosophe, qui prétend démontrer à Jacques l’existence de Dieu. Cela se passe dans une petite ville. Sa mère, pour l’humilier encore, l’oblige à mettre des tenues ridicules.

Il n’y a guère que les vacances que le gamin affectionne. A ses yeux, c’est la liberté. Le seul moment où il peut s'échapper de l’emprise de ses parents, et de ses professeurs.

Le déménagement à Saint-Etienne, en raison de la mutation de son père, va ouvrir de nouveaux horizons à Jacques. Même si, bien vite, il va s’ennuyer au lycée, ne trouvant de l’intérêt que dans certaines lectures, comme “Robinson Crusoé”.

Bien vite, les mauvaises habitudes maternelles reviennent. Il faut se priver de tout. Ce qui revient, pour Jacques, à ne se priver que de ce qu’il aime bien, au profit de ce qu’il n’aime pas du tout.

A l’occasion d’un retour au pays, trop court, Jacques va sentir un vent de liberté l’envahir, un grand besoin d'évasion. Il aurait aimé pouvoir partir loin de tout, comme le héros de Daniel Defoe.

Malheureusement, lorsqu’il a fallu rentrer, c’est pour retrouver une mère encore pire qu’avant. Son mari l’avait trompée. Il était allé chercher du réconfort dans les bras d’une autre. Elle est devenue infernale avec tout le monde : Jacques, qui y était habitué, depuis le temps ; les domestiques successives qui vont subir ses assauts répétés.

Lorsque la famille partira pour Nantes, une aventure amoureuse enverra Jacques en pension à Paris. Bon élève pourtant, il échouera dans ses études. Sa mère le ramènera à Nantes. Etrangement, pour le jeune homme, ce retour sera une délivrance, qui lui permettra de se réconcilier avec son père, et d’affirmer ses perspectives d’avenir : il veut être ouvrier.