Le petit lecteur

3 minutes de lecture - Electre

Analyse de l'acte I, scène I de Electre

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Tout d’abord, nous pouvons remarquer que la scène étudiée nous offre d’emblée un décor surréaliste. Il ne faut pas non plus oublier qu’il s’agit là de la toute première scène de la pièce de théâtre, c’est-à-dire la scène d’exposition. A ce titre, elle doit remplir plusieurs fonctions. De ce fait, le lieu de la scène nous est mentionné. Il s’agit du palais d’Agamemnon. Cependant, nous nous connaissons rien à son sujet. Les didascalies restent très mystérieuses et n’en disent pas plus. Qui plus est, l’ambiance y est festive. La gaieté envahit la totalité des personnages. Cet élément est quelque peu déroutant dans la mesure où nous devrions nous trouver dans une tragédie classique. Jean Giraudoux fait donc preuve ici d’une grande originalité. Par ailleurs, un des personnages principaux est bel et bien présent mais c’est aux spectateurs de deviner cette présence. En effet, il est désigné sous le terme de “l'étranger”. Cet étranger n’est autre qu’Oreste.

La description du palais d’Agamemnon est primordiale. Ce dernier devient presque un personnage à part entière dans cette scène. Ainsi, très vite, le palais prend des formes douteuses voir surréalistes. Il semble y avoir un problème au sujet de sa stabilité. En outre, ce palais est sans cesse personnifié. On lui attribue des sentiments humains comme la joie ou la triste. Les habitants de la ville le voient souvent pleurer ou rire. Plus encore, les sentiments de palais d’Agamemnon sont annonciateurs des événements de la pièce de théâtre. Le palais se met à pleurer avant le meurtre d’Agamemnon. Il se met à rire pendant la fête. Il y a donc un certain décalage avec la tragédie classique. Pour autant, cet aspect ne doit pas être négligé et de nombreux indices nous prouvent qu’il s’agit bel et bien d’une pièce de théâtre appartenant au genre de la tragédie.

En effet, les souvenirs de l'étranger sans cesse évoqués et questionnés par les trois petites filles sont les éléments qui illustrent le mieux ce propos. De cette façon, il s’agit de souvenirs heureux. Ces derniers sont quelques peu nostalgiques et le spectateur comprend vite que cela annonce également un futur moins heureux…

Par ailleurs, la présence d’Electre est d’ores et déjà amorcée. Il est dit qu’on y voit ses pieds. Sa présence est très fortement valorisée et le metteur en scène insiste (lourdement) dessus. Electre fait peu à peu disparaître les autres personnages, on se focalise bien plus sur elle. Sans la connaître, le spectateur c’est qu’elle constitue l’intrigue principale de la pièce.

Enfin, on remarque que le thème du destin (un thème très cher à la tragédie) fait son apparition. Les trois petites filles en sont une allégorie. Le destin est là pour rappeler l’issue funeste de la pièce de théâtre. Le destin rappelle également que tous les personnages sont impuissants face à lui. Enfin, ils nous indique que la destinée d’Electre est déjà scellée et ce, depuis la scène d’exposition. Dès lors, le spectateur connaît la scène finale et assiste lui aussi impuissant au destin tragique des personnages.

Jean Giraudoux a marqué la littérature grâce à sa scène d’exposition. En effet, cette dernière s’inscrit à la fois dans la tragédie classique mais fait également preuve d’une grande originalité. Ainsi, de nombreuses informations indispensables pour la suite de l’oeuvre nous sont divulguées. Cependant, l’auteur fait exprès de créer le décalage entre les événements attendus et annoncés par le destin et l’ambiance joyeuse et festive de la scène d’exposition. Sa grande originalité réside également dans l’aspect fantastique du palais de Roi qui prend une place considérable dans la pièce de théâtre.