Le petit lecteur

3 minutes de lecture - Antigone

Biographie de Jean Anouilh

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Né en 1910 à Bordeaux, fils d’un tailleur et d’une pianiste, Jean Anouilh découvre le théâtre en faisant ses études au lycée Chaptal où il fait la connaissance de Jean-Louis Barrault avec qui il partage cette passion. Il dévore Paul Claudel, Jean Cocteau et Giraudoux. Puis, après avoir travaillé deux ans dans une agence publicitaire, il devient le secrétaire général de la Comédie Française, dirigée alors par Louis Jouvet, avec qui il entretient des relations houleuses. Jouvet conteste en effet les capacités littéraires d’Anouilh, qu’il ne reconnaîtra d’ailleurs jamais.

De 1932 à 1937, Anouilh écrit des pièces qui, si elles sont reconnues par la critique, ne sont pas de grands succès publics ; mais elles lui permettent d’acquérir une réputation dans le milieu et de se procurer suffisamment d’argent pour pouvoir vivre en compagnie de sa femme, la comédienne Monelle Valentin qu’il vient alors d'épouser et dont il a une fille. Parmi ces pièces figurent Humulus le Muet, Mandarine ou encore Y’avait un prisonnier, dont certaines se voient alors adaptées au cinéma.

En 1937, Anouilh propose Le Voyageur sans bagage au metteur en scène Georges Pitoëff, qui accepte avec enthousiasme de la monter et de la jouer. C’est le premier grand succès d’Anouilh, avec 190 représentations au Théâtre des Mathurins. À partir de ce moment les triomphes s’enchaînent pour le dramaturge, avec l’année suivante la production de La Sauvage. Brièvement mobilisé comme secrétaire d’un commandant en 1940, il est rapidement fait prisonnier et grâce à une confusion administrative est relâché et peut rentrer à Paris pour monter de nouvelles pièces. Pendant l’occupation allemande, il ne prend part pour aucun des deux camps, et fait jouer deux nouvelles pièces très sombres, Eurydice et Antigone.

À la Libération, ce manque d’engagement lui est reproché, ainsi que sa défense de Brasillach et l’ambiguïté d’Antigone qui incitent certains à penser qu’Anouilh était collaborationniste.

À partir de 1945, le dramaturge enchaîne pièces roses et comédies grinçantes, partageant sa vie entre la France et la Suisse, se séparant de sa femme et se mariant avec Nicole Lançon, dont il a trois enfants. Durant cette période productive il fait la connaissance de Michel Bouquet qui devient un de ses comédiens de prédilection. En 1956, avec sa pièce Pauvre Bitos, il opère un retour sur l'épuration d’après-guerre pour dénoncer ses excès. Très polémique, le spectacle connaît cependant un grand succès, relançant les débats sur les opinions d’Anouilh.

En 1959, il reçoit le très prisé prix Dominique de la mise en scène. Peu à peu, pendant la décennie qui suit, il délaisse l'écriture au profit de l’adaptation sur scène et de la traduction de pièces étrangères. Il se sépare ensuite de sa deuxième femme. Les années 1970 marquent son retour à l'écriture avec toujours autant de succès, et son remariage avec Ursula Wetzel avec qui il a une fille.

En 1980, l’ensemble de sa carrière est récompensée par le Grand Prix de théâtre de l’Académie française, suivi en 1981 du Grand Prix de la société des auteurs et compositeurs dramatiques. Il se retire alors définitivement en Suisse, souffrant d’une maladie de la thyroïde et de problèmes cardiaques qui le rendent inapte à superviser la mise en scène de ses pièces lui-même. Il continue d'écrire jusqu'à sa mort, le 3 octobre 1987 à l’hôpital de Lausanne.